La Ducasse de Mons, évènement que les Montois attendent durant toute l’année, s’est achevée ce 22 juin, avec le Petit Lumeçon, cette version du combat pour les enfants. Cette semaine folle a été l’occasion pour le Héraut du Hainaut d’aller à la rencontre des sympathiques acteurs qui animent le Combat, cœur de cette Ducasse. L’occasion de présenter ces personnages aux non-initiés et, pour les Montois, de recevoir un témoignage de ces héros.

Diable

Andy Cambier, un Diable prêt à affronter Saint-Georges et ses Chin-Chins. Photo: © Nicolas Zinque

Pourriez-vous présenter votre personnage de Diable ?

« Le Diable est communément ce qu’on appelle à Mons un  « fouteur d’embrouilles ». Il représente un enfant qui n’a pas été socialisé. Son attribut est une vessie, avec laquelle il va attaquer le public. Il va plutôt même, je dirais, jouer avec le public. Durant tout le combat, il se bat également contre son ennemi, qui est le Chin-Chin. Ceux-ci ne vont pas hésiter à le trainer dans le sable. Il embête en quelque sorte Saint-Georges, sans pour autant le toucher. Le Diable va également faire des cumulets. Il montre symboliquement son derrière, ce qui est une preuve d’insoumission envers l’autorité. »

Comment vit-on un combat de l’intérieur, en tant qu’acteur ?

« C’est quelque chose de très intense. Le Lumeçon fait partie de notre vie. C’est un moment qu’on attend une année complète. Quand on termine un combat, on a déjà hâte d’être à l’année prochaine. On l’attend vraiment avec beaucoup d’enthousiasme, de fierté, de joie et de bonheur. Bien sûr, juste avant le combat, il y a ce petit stress, mais c’est du plaisir, du début à la fin. »

Avez-vous une anecdote, ou un souvenir plus marquant que les autres ?

« Moi ce qui m’impressionne le plus, c’est peut-être justement le public, le fair-play dont il fait preuve à la corde. Par exemple, à mon premier combat, je me souviens que quelqu’un a essayé d’arracher mon bonnet, et, directement, une personne du public lui a pris la main et lui a dit « non, tu ne touches pas au chapeau ». Sinon, pour moi, le meilleur moment, c’est celui qui précède le départ, juste au moment de la première salve des pompiers. La grosse caisse commence à lancer la musique du Doudou. A ce moment-là, on voit une effervescence monter et on voit vraiment les gens s’illuminer. »

Qu’est-ce que la Ducasse de Mons représente par rapport à votre vie quotidienne ? Pourriez- vous nous dire comment se passent le mois et la semaine précédant la ducasse ?

« Il n’y a pas d’incidence sur le boulot, mais c’est vrai qu’on commence à en parler de plus en plus. Ça demande quand même une préparation physique: on va courir,… La tension monte petit à petit, et finalement, on arrive au dimanche tout excité, avec l’envie de bien faire. »

Diables au combat

Des Diables chauds avant d’entrer dans l’arène! Photo: © Jacky Collinet

Propos recueillis à Mons, le 16 juin 2014, par Nicolas Zinque. Photo de couverture: © Jacky Collinet.