La Ducasse de Mons, évènement que les Montois attendent durant toute l’année, s’achèvera ce 22 juin, avec le Petit Lumeçon, cette version du combat pour les enfants. Cette semaine folle a été l’occasion pour le Héraut du Hainaut d’aller à la rencontre des sympathiques acteurs qui animent le Combat, cœur de cette Ducasse. L’occasion de présenter ces personnages aux non-initiés et, pour les Montois, de recevoir un témoignage de ces héros.

Homme de feuilles

Christophe Chauveau, Homme de feuilles à la veille de son 12e combat. Photo: © Nicolas Zinque

Pourriez-vous présenter votre personnage d’Homme de feuilles ?

« L’Homme de feuilles est le protecteur de la queue du Dragon. Cela fait 12 ans que je suis Homme de feuilles. J’ai été élu sur base d’une candidature spontanée. On est repris dans une réserve d’acteurs potentiels, et de là on est présenté au vote des acteurs, afin d’accéder à un rôle. Avec plus ou moins de chance, parce qu’à ce moment, on ne choisit plus. Il est clair qu’au niveau physique, il y a quand même des prédominances. On ne va pas mettre un Homme de feuilles d’1,50m ni 1,60m. Il faut une certaine taille, un gabarit. C’est un rôle qui, malgré tout, évolue chaque année, suite au travail de la réalisation, soit Joëlle Wattier et Didier Gerhards qui développent les phases et la compréhension au public. Notre rôle est de véhiculer ce message-là.

En tant que Montois cayaux, c’est une véritable fierté de pouvoir représenter ma ville et mon folklore*. Je peux dire que j’ai baigné là-dedans depuis tout petit. J’ai de la chance, parce que mon père est régisseur du Lumeçon et, depuis l’âge de 8 ans, je suis dans ses jambes, à essayer de glaner des informations, de connaitre les gens et ce genre de choses. Maintenant, je vais avoir la chance de réaliser le Petit Lumeçon, avec mon père et mon fils, ce qui va nous faire 3 générations dans un même combat. C’est assez exceptionnel, on est très fiers de ça. »

*Les Montois « cayaux » sont des Montois qui habitent, depuis plusieurs générations- et sans discontinuer-, sur le territoire de la commune de Mons.

Avez-vous une anecdote, ou un souvenir plus marquant que les autres ?

« J’aurais tendance à répondre par la négative, parce que chaque année à son lot de découvertes. Chaque année, on ouvre les yeux un peu plus, mais c’est vrai que lors de mon premier combat, quand j’ai fait la descente, j’ai été pris par une espèce d’euphorie, d’engouement, et quand je suis arrivé en haut de la rue des Clercs, j’ai pleuré. [Il marque une pause]. J’ai pleuré, de voir dans quoi j’allais rentrer : dans une arène proprement dite. J’allais, comme j’ai tendance à le dire, monter au charbon. Et ça m’a marqué, parce que j’ai eu véritablement les larmes aux yeux tellement c’était fort en émotion. »

Le reste de l’année, vous travaillez dans le monde paramédical. Qu’est-ce que la Ducasse de Mons représente par rapport à votre vie quotidienne ? Pourriez- vous nous dire comment se passent le mois et la semaine précédant la ducasse ?

« C’est très compliqué, parce que je suis indépendant et il faut essayer de faire prendre la sauce. J’ai des obligations en tant qu’acteur, mais je suis papa aussi. Ca fait pas mal d’agendas, et ça fait pas mal d’horaires à faire prendre. C’est compliqué, mais on y arrive chaque année. »

Hommes de feuilles au combat

Les Hommes de feuilles en plein effort pour récupérer la queue du Dragon. Photo: © Jacky Collinet

Propos recueillis à Mons, le 15 juin 2014, par Nicolas Zinque. Photo de couverture: © Jacky Collinet.