La Ducasse de Mons, évènement que les Montois attendent durant toute l’année, s’achèvera ce 22 juin, avec le Petit Lumeçon, cette version du combat pour les enfants. Cette semaine folle a été l’occasion pour le Héraut du Hainaut d’aller à la rencontre des sympathiques acteurs qui animent le Combat, cœur de cette Ducasse. L’occasion de présenter ces personnages aux non-initiés et, pour les Montois, de recevoir un témoignage de ces héros.

Pour une fois, laissons d’abord la place aux « méchants ». Si « el Biète », terrassée, ne peut répondre elle-même, nous avons pu parler avec l’un des porteurs du Dragon, Julien Moucheron.

 

Homme blanc

Julien Moucheron, Homme blanc. Photo: © Nicolas Zinque

Pourriez-vous présenter votre personnage d’ « Homme blanc » ?

« L’homme blanc, c’est celui qui porte le dragon pendant tous ses trajets et pendant le combat. D’ailleurs, un peu par moquerie, on nous appelle les « pattes du dragon ». Ce sont aussi les hommes blancs qui dirigent les coups de queue dans l’arène. »

Comment vit-on un combat de l’intérieur, en tant qu’acteur ?

« Forcément, c’est très intense. Surtout que, pour moi, c’est une histoire familiale : mon papa a été acteur pendant 27 ans. J’ai 3 oncles qui ont fait le combat, donc je baigne dedans depuis que je suis tout petit. Pour moi, le rôle d’Homme blanc, qui est quand même assez physique, est le meilleur rôle, parce qu’on ne fait qu’Un avec le dragon. Mais bon, évidemment, c’est pas très objectif ! Le public est intéressé par tout ce qui se passe autour, mais, finalement, c’est les coups de queue qu’ils attendent. Donc participer à ça, c’est vraiment une joie. Et une fierté aussi. »

Avez-vous une anecdote, ou un souvenir plus marquant que les autres ?

« Je dirais mon premier combat, juste avant le départ. Je pense que, pour tous les Hommes blancs, et même peut-être pour tous les acteurs, c’est le premier, parce qu’il y a une émotion particulière. On ressent cette émotion chaque année, on a une boule comme ça dans le ventre qui s’en va tout doucement tout au long de la descente de la rue des Clercs. C’est très stressant. Bon maintenant, après 10 ans, j’ai appris à gérer ce stress-là mais au premier combat, je me souviens avoir vraiment eu de mal pour démarrer, parce que j’étais vraiment très stressé, j’avais des sueurs froides. Heureusement, on a une équipe qui est sympa et qui est là pour nous remettre en selle, pour nous motiver et nous faire un peu redescendre sur terre. »

 

Hommes blancs au combat

Les Hommes blancs en plein effort, avant même d’entrer dans l’arène! Photo © Jacky Collinet

Le reste de l’année, vous travaillez comme professeur d’éducation physique. Qu’est-ce que la Ducasse de Mons représente par rapport à votre vie quotidienne ? Pourriez- vous nous dire comment se passent le mois et la semaine précédant la ducasse ?

« Pour moi, ça commence déjà plus tôt que ça. Vous savez qu’il y a déjà le bal des acteurs, 3 semaines avant la Ducasse. Pour moi, c’est déjà une fête qui annonce la Ducasse ; on sent que les Montois sont déjà un peu excités. Ca commence tout doucement à se mettre en place et je rentre déjà dans mon rôle à ce moment-là. Je me dis « ça y est, dans 2-3 semaines, c’est parti ». Mon boulot, c’est un peu particulier, parce que je ne travaille pas du tout sur Mons. Je suis enseignant du côté de Brugelette. Là-bas, ils savent un petit peu comment ça se passe mais ils ne le vivent pas comme moi. Heureusement, j’ai 2-3 collègues montois, donc on en discute beaucoup un mois avant. Le souci – je ne vais pas me plaindre, je suis enseignant, on sait bien que les enseignants ont beaucoup de congés- c’est qu’on ne peut pas les prendre quand on veut. Par exemple, je ne peux pas prendre congé, comme pas mal d’acteurs une semaine avant ou une semaine après. Le lundi [qui suit le Combat], je ne sais pas si vous savez, mais on promène la dépouille du dragon dans la ville. Là, j’ai un jour d’exception, je ne vais pas travailler le lundi mais mardi matin, je recommence directement. C’est pas facile parfois, quand j’abandonne mes potes qui sont en train de terminer la Ducasse et de faire la fête, mais c’est comme ça ! »

Propos recueillis à Mons, le 15 juin 2014, par Nicolas Zinque. Photo de couverture: © Jacky Collinet.