La Ducasse de Mons, évènement que les Montois attendent durant toute l’année, s’est achevée ce 22 juin, avec le Petit Lumeçon, cette version du combat pour les enfants. Cette semaine folle a été l’occasion pour le Héraut du Hainaut d’aller à la rencontre des sympathiques acteurs qui animent le Combat, cœur de cette Ducasse. L’occasion de présenter ces personnages aux non-initiés et, pour les Montois, de recevoir un témoignage de ces héros.

Après avoir laissé les « méchants » se raconter, il est temps que Saint-Georges et ses alliés entrent dans l’arène. En attendant que Saint-Georges ne s’exprime lui-même, un Chin-Chin nous explique son rôle.

Philippe Boelpaep (gauche), Chin-Chin soulagé au lendemain du Combat. Photo : © Jacky Collinet.

Pourriez-vous présenter votre personnage de Chin-Chin ?

« Si on veut vraiment simplifier les choses, les Chin-Chins, ce sont les alliés de Saint-Georges, les « bons » du Combat. On défend Saint-Georges et le Chin-Chin protecteur. On est là pour combattre les Diables, qui sont les alliés du Dragon. On attaque le Dragon aussi, on le taquine un peu. On va à lui avec notre carcasse [ndr : leur costume de « cheval jupon »], comme un chien pourrait mordre dans une balle. C’est ce qu’on appelle « la Curée ». Pour le reste, le Chin-Chin est un petit peu jouette, c’est quelqu’un qui a un esprit bon enfant, qui aime bien rigoler et plaisanter. C’est pour ça que les personnes extérieures aiment bien les Chin-Chins, pour l’aspect convivial et sympathique du costume. »

Comment vit-on un combat de l’intérieur, en tant qu’acteur ?

« Déjà, c’est un privilège. Le vivre de l’intérieur, c’est un moment magique pour la simple et bonne raison qu’on voit toute la ferveur des gens. On a tous des amis à la corde, mais on y fait aussi des rencontres. Ce qui est bien, c’est d’avoir un super contact avec le public et d’avoir un retour par la suite. Après le combat, on rencontre parfois des gens qui nous disent « Un grand merci ! », « Ah, j’ai attrapé un de tes grelots ! », « J’ai eu un ruban. » ou encore « Tu m’as serré la main ! » Ce contact avec le public est extraordinaire. Aucune once de méchanceté entre le public et les acteurs, chose qui, il y a quelques années, n’existait pas : c’était plus tendu. Maintenant, on peut aller au contact du public sans être attrapé.»

Avez-vous une anecdote, ou un souvenir plus marquant que les autres ?

« Cette année, j’ai effectué mon 6e combat. Je peux dire que je suis encore un peu jeune par rapport à certains qui ont 15, 20, voire plus d’années de combat. En tant qu’acteur, l’anecdote la plus belle pour moi, c’est d’avoir fait la procession avec mon fils, en tant que Chin-Chin Protecteur, pour le petit Lumeçon. Je l’ai vécu l’année dernière.»

Qu’est-ce que la Ducasse de Mons représente par rapport à votre vie quotidienne ? Pourriez- vous nous dire comment se passent le mois et la semaine précédant la ducasse ?

« Plus on approche de la Ducasse et plus la tension monte, c’est vrai. On rentre dans son rôle une fois que les réunions se mettent en place. Je pense que l’énervement et le stress se gèrent en fonction de l’expérience. Cette année, je n’étais pas stressé pour le Combat. D’ailleurs, j’ai dormi comme un bébé la nuit juste avant. Mais c’est vrai qu’il y a des gens qui sont beaucoup plus anxieux et c’est plus difficile pour eux. Ils sont tellement stressés qu’ils ne dorment pas : la peur de ne pas se réveiller,… J’ai eu ça au début mais maintenant, ça s’estompe. Avec le temps, on se calme et on se dit que de toute façon, il n’y aura pas de soucis.

Je travaille à l’université de Mons, dans la faculté de médecine. Parfois, mes collègues me disent qu’ils sont contents de me voir Chin-Chin. Même mon chef de service, le recteur et l’administrateur ! C’est toujours chouette d’avoir quelqu’un qui fait partie d’un folklore tel que le nôtre. Surtout au sein de l’université, car on est quand même une institution au sein de la ville, et le folklore est très important dans le milieu estudiantin. »

Les Chin-Chins saluent la foule avant le Combat! Photo: © Jacky Collinet

Propos recueillis à Mons, le 16 juin 2014, par Nicolas Zinque. Photo de couverture: © Jacky Collinet.