Depuis un an et demi, la région d’Ath vibre au son du groupe Feel. Ce jeune trio énergique a remporté une première consécration, début juin, à l’Envol des Cités. Le voilà prêt à faire décoller le public, sur les prestigieuses scènes du Ronquières Festival ! Une interview avec Kevin Cools, François Hantson dit « Francebass » et Martin Moreau (respectivement chanteur et guitariste, bassiste et batteur), pleine de fraicheur, et d’autant plus étonnante qu’elle a été faite deux jours avant la finale de l’Envol des Cités…

De Jimi à Feel

Comment décririez-vous le style de Feel ?

Kevin : « Feel part de nos influences à tous les trois, d’abord. Puis, ensemble, on fait un mélange assez particulier. Ça sonne peut-être un peu rock, mais sinon c’est assez original je trouve ! »

Martin : « Oui, on essaie de faire ce qu’on aime bien entendre. Après, si on sait partager notre musique, pourquoi pas ! »

K.: « C’est ce qu’on fait d’ailleurs (rires)! »

Feel répétition

Feel en répétition. © Nicolas Zinque

Quelles sont vos influences, justement ?

K. : « La première influence dont j’ai envie de parler, c’est Jimi [ndr: Hendrix, faut-il préciser?]! »

M. : « Je pense que cette influence est réciproque pour tous [les autres opinent]. Evidemment, il y a toutes les choses qui ont marqué le monde musicalement. L’univers du rock nous impressionne… »

K. : « Mais pas seulement. Personnellement, j’aime bien les années 60 et 70. »

M. : « Moi, tout ce qui est un peu plus latino et métal. »

F. : « Le rock [Les autres le charrient un petit peu] et le funk aussi. »

Quel a été votre parcours depuis la formation de « Feel » ?

Kevin : « Ça fait un peu plus d’un an et demi qu’on joue ensemble. Martin et François se connaissaient déjà. Ils ont joué dans plusieurs groupes avec des styles différents : reggae, hardcore,… J’ai eu d’autres expériences aussi évidemment. Puis, le hasard a fait qu’on s’est rencontrés, et, à un moment, on a eu envie de faire de la musique ensemble. Et quand on a commencé, on a eu envie de continuer. Et donc on va continuer, parce qu’on aime faire de la musique ensemble ! »

Martin : « On essaie de le faire de mieux en mieux. Après, au niveau du parcours, on a essayé de démarcher au maximum pour mettre toutes les chances de notre côté. On a justement été sélectionné à l’Envol des Cités et au concours Ça Balance. C’est un bel encouragement, ça fait plaisir de savoir qu’on n’est pas les seuls à vouloir se lancer là-dedans… »

K.: « Et qu’on n’est pas les seuls à aimer ce qu’on fait (rires). »

Une tournée avec l’Envol des Cités

Comment êtes-vous entrés dans l’aventure ?

K. : « C’est notre manager, Sébastien, qui a envoyé notre candidature et la démo. On a été pris pour l’audition et on a été sélectionné pour la suite. J’ai déjà participé à l’Envol des Cités, il y a quelques années. Ça c’était bien passé mais, cette année m’a apporté beaucoup, parce que je suis un peu plus mature. Ensemble, on a aussi grandi assez vite, je trouve. On a appris pas mal de choses, en jouant dans de bonnes conditions. Il y a des formations qui sont intéressantes aussi, avec l’Envol des Cités.  C’est une belle occasion de progresser. On est vraiment stimulé… on est mis dans un engrenage positif. A chaque date, on essaye de tenter quelque chose en plus. »

M. : « C’est assez rassurant, parce que des gens sont derrière nous et nous poussent toujours à mieux faire. Ils disent « ce que vous faites c’est bien, continuez à le faire. » Et si on en a vraiment envie, faut pas avoir peur de le faire. Personnellement, l’Envol des Cités m’a aussi permis de comprendre qu’être musicien, c’est une vocation. Si tu ne le fais pas à fond, ça ne sert à rien de le faire. »

Pourriez-vous expliquer la formation donnée à l’Envol des Cités ?

K. : « C’était des journées, soit des avant-midi, soit des après-midi. La première fois, on a joué 2 morceaux en live, puis un batteur, un musicien et une comédienne nous ont simplement dit ce qu’ils pensaient de ce qu’on avait fait, les plus, les moins,… On en a discuté, et ça nous a aidés à réfléchir. La deuxième fois, c’était un exercice avec les mêmes intervenants. On a dû jouer un de nos morceaux en acoustique, et on a dû créer une espèce d’hymne à l’Envol des Cités. On l’a fait en français d’ailleurs [ils chantonnent ensemble] : «Tente ta chance, tente ta chance, Envol des Cités. »

M. : « Il y a aussi eu une autre formation qui se séparait en plusieurs ateliers : l’un était plus basé sur le théâtre et sur la façon d’être sur scène, la présence, le charisme et tout ça. Un autre était plus basé sur la musique, et le dernier plus sur la sophrologie, gestion du stress,… Ces formations nous ont aussi permis de rencontrer les autres groupes et ça a été très enrichissant. On a dû faire de la musique ensemble, même si on ne se connaissait pas spécialement. Ça donne des idées. La dernière formation, c’était une masterclass avec Marc Ysay [ndr : batteur de Machiavel et directeur de Classic 21]. »

K. : « Il nous a fait profiter de son expérience, de ce qu’il avait vécu avec Machiavel et à la radio. C’était assez sympa, je ne m’attendais pas à ça. »

Feel finale Envol des Cités

Feel le 6 juin 2014, à la finale de L’Envol des Cités. © Alpixart Photography

Pour désigner le vainqueur, le jury ne choisit pas uniquement le meilleur techniquement. Il prend aussi en compte la vie de groupe. Qu’est-ce que vous en pensez ?

M. : « Oui, je pense que ça coule de source. Si un groupe doit se faire accompagner, il faut qu’il soit aussi « gérable », il doit être humain simplement. Et respecter le projet. C’était un engagement de faire cette formation. On l’a suivi et ça ne nous a apporté que du bien. »

La finale, c’est pour bientôt [ndr : l’interview a été faite 2 jours avant]. Avant d’avoir reçu les résultats, pourriez-vous dire ce que vous avez tiré concrètement de cette expérience ?

M. : « D’abord, je pense que l’Envol des Cités, c’est une chance de pouvoir partager. »

K. : « C’était très important pour la confiance, en moi et en nous. De savoir décider où j’avais envie d’aller avec le groupe. C’est vraiment ça que j’ai retenu. Se dire qu’on est musicien, et qu’on a envie de faire ça, parce qu’en plus on nous donne la chance de le faire. »

F. : « Moi j’ai vu l’évolution. Je vois le groupe d’un œil extérieur plus facilement. »

K. : « C’est vrai, on arrive à prendre plus de recul. C’est important de pouvoir se remettre en question et d’essayer de progresser. C’est ce qu’on veut, finalement. Avec l’Envol des Cités, un œil extérieur nous regarde et nous dit certaines choses franchement. On a plus de facilité à se dire « ah oui, ça, ça ne va pas, peut-être qu’il faudra changer ça, garder ça et mettre l’accent là-dessus. »

Vous avez déjà des projets pour l’après finale ? Comment voyez-vous votre avenir ?

K. : « Peut-être qu’avec ce qu’on a appris à l’Envol, on fera un album. Ca ferait plaisir. On verra bien, peut-être que ce sera autre chose qui en découlera. Peut-être qu’à la finale, quelqu’un nous verra et dira « j’adore ce que vous faites, j’ai envie de faire quelque chose avec vous ». »

Vous avez joué un peu partout dans la région. Est-ce que certaines choses ressortent musicalement ?

K. : « Il y a quelques chouettes endroits dans la région, où on est bien reçus pour des concerts. L’ambiance est bonne et le public sympa. « Le Salon » à Silly et « Le Télégraphe » sur Ath par exemple. Mais c’est vrai que c’est quand même assez pauvre. Il n’y en a pas assez, et il y en a de moins en moins. C’est ce qu’il faut améliorer. J’aimerais bien qu’un peu plus de gens osent inviter des groupes. Parce qu’il y en a plein dans la région, dans tous les styles : du gros metal à la musique jazz ; il y a des blueseux, des rockeurs,… de tout ! »

RESSENTIR ou ressentir

Pour terminer… pourquoi « Feel » ?

K. : « Ca vient de Martin. Un jour, on discutait sur ce fameux réseau social avec le « F » (rires) et on se demandait ce qu’on pourrait trouver comme nom de groupe. On est très axés sur le ressenti de la musique, notre manière de la ressentir et de la faire ressentir aux autres. Il a d’abord pensé à « Feeling », qu’il s’est d’ailleurs gravé sur l’avant-bras. Moi, je voulais quelque chose de plus court, de plus direct, de peut-être un peu plus universel aussi. Du coup, j’ai retiré le « ing » et ça nous allait bien à tous les 3. C’est presque comme une injonction : « ressens, sens ». Et, il y a plusieurs choses associées à ce mot-là. »

F. : « Oui c’est RESSENS ! (voix impérative) ou ressens (voix douce). »

K. : « Ca dépend aussi comment tu le dis, tu peux en faire ce que tu veux. Et puis, c’est joli, j’aime bien Feel (rires). »

Logo Feel

Le logo de Feel. Par Cyrille Nys illustration ©.

Que représente la bombe de votre logo ?

M. : « Ce n’est pas vraiment une bombe. Enfin, si, premièrement, c’est une bombe mais en regardant bien, c’est un stylo qui écrit dans un livre. »

K. : « Avec la bombe et le stylo qui écrit, tu fais ce que tu veux. Le but c’est aussi que ce soit interactif, que tu te casses la tête, en cherchant ce qu’on a bien voulu dire par là (rires). »

Propos recueillis à Ath, le 4 juin 2014, par Nicolas Zinque.

Depuis cette interview, Feel a donc remporté le Grand Prix de la Province du Hainaut à l’Envol des Cités. Il a aussi été sélectionné par les représentants du Ronquières Festival (à découvrir le dimanche 3 août). Autre bonne nouvelle, le premier album du groupe est annoncé pour mai 2015 !

Liens

Site officiel de Feel : http://feel-music.be

La page Facebook, par laquelle le groupe communique.